« L’année 2008-2009 a bousculé le monde du travail. La conjoncture a eu un impact important sur les recrutements et les politiques de rémunération », rappelle Tina Ling, directrice générale de Hays France qui vient de publier son étude de rémunération Conseil, Audit & Expertise 2009-2010.
Ce n’est qu’à partir de janvier 2009 que les effets de la crise se sont faits sentir sur les cabinets d’audit et d’expertise, le cataclysme annoncé n’ayant jusque-là pas atteint l’optimisme de bon nombre de cabinets qui continuaient à recruter. Le printemps 2009 a vu apparaître licenciements et plans sociaux dans un secteur peu accoutumé à ces difficultés.
Un ralentissement global du nombre de recrutements de plus de 40 % par rapport à l’année précédente est rapidement venu confirmer la tendance attentiste des experts. Sans conteste, c’est l’audit qui a le plus souffert de la crise. « Notre groupe a effectué, sur cette dernière année fiscale, une campagne de recrutement moins conséquente que sur les exercices précédents, confirme Mariane Savari, responsable RH du groupe de conseil et d’audit Exponens. L’environnement a été, à mon sens, moins porteur pour les candidats, ce qui a également contribué à limiter le taux de rotation naturelle de nos équipes et donc, de manière indirecte, nos besoins. »
Vers une reprise profitable
Les candidats, peut-être plus frileux, sont davantage en veille qu’en recherche active. Il est fort à parier que le contexte économique actuel ne les stabilisera que temporairement. Les collaborateurs, disposant de moins d’opportunités, revoient leurs attentes, leurs exigences, voire leur rémunération.
« L’audit tend à plus d’équilibre, les profils disponibles se faisant plus nombreux, et les candidats en poste privilégiant une certaine stabilité », constate Grégoire Juy, secrétaire général du cabinet d’audit et de conseil Corevise. « L’hypothèse que l’on peut avancer aujourd’hui est la tendance à une certaine mobilité qui s’opérera dès la reprise, offrant de nouvelles opportunités », anticipe Hays dans son étude.
Par Thierry Iochem
